Greywalker de Richardson

Oh, et j’ai totalement oublié que je vous avais promis de vous faire un compte-rendu de ce que j’ai pensé de cet ouvrage !

C’est de la fantasy urbaine, qui se déroule de nos jours à Seattle. Il y a quelques personnages formidables, dont certains que j’espère rencontrer à nouveau. Je l’ai vraiment adoré et lorsque j’ai essayé de le faire lire à ma fille qui est une adolescente, elle m’a révélé qu’elle l’avait non seulement déjà lu, mais qu’elle possédait aussi son propre exemplaire. Ainsi, en ce moment, c’est ma sœur qui a pris le mien pour un long voyage en avion jusqu’en l’Alaska.

Est-il plus beau compliment pour un livre ? Echanger des livres au sein de la famille est l’un de mes moyens pour garder contact avec ma parentèle.

Je vais guetter les prochaines parutions de Richardson !

Interview radiophonique pour Stories Maniac

www.blogtalkradio.com/StoriesManiacRadio

Dimanche dernier j’ai donné une interview radio. J’ai complètement oublié de vous prévenir. Mais vous pouvez toujours la consulter via le lien ci-dessus.

Je pense que le meilleur moment est quand ma Miauleuse, Pi, a décidé de donner son avis sur certaines questions. Son miaulement est assez éraillé, mais elle adore parler au téléphone. Si elle me surprend à parler avec ma fille qui est au Texas, Pi va me suivre d’une pièce à l’autre et dès que je vais m’asseoir quelque part, elle va s’empresser de me sauter sur les genoux et glisser sa tête entre mon visage et le téléphone pour pouvoir miauler à Kat. Elle est le seul chat que j’aie jamais eu qui désire parler au téléphone.

Perdu : Une Corbeautière

Cela fait maintenant près de treize ans que je vis à Tacoma. En arrivant ici pour la première fois, je pensais qu’en mettant des mangeoires et des petits nichoirs dans l’arrière-cour, j’attirerais des oiseaux chanteurs.

Malheureusement, un groupe de corbeaux avait déjà revendiqué l’arrière cour. Tous les jours, ils venaient dans la vasque, persécutaient mon chien pour lui subtiliser sa nourriture, dérobaient les fruits à même les arbres, déterraient les pois et les mangeaient en moins de temps qu’il n’en fallait pour les planter et devinrent rapidement des membres indispensables de la famille. J’adorais les voir s’embrasser et se faire la cour sur le toit du garage. Ils faisaient tremper dans la vasque des croquettes pour chien provenant de chez le voisin pour les ramollir et les engloutir par la suite. Quand mon fils recueillit un jeune corbeau qui s’était blessé et le relâcha ensuite, ils décidèrent que nous n’étions pas si mal que ça. Ils prirent l’habitude de se poser sur la clôture à côté de la fenêtre de la cuisine, croassant pour nous rappeler que non, les enfants n’ont pas vraiment besoin de manger les croûtes de leurs toasts. Ces derniers morceaux étaient réservés aux corbeaux.

Même quand la corbeautière était ailleurs, il en restait toujours un pour surveiller l’arrière-cour. Dès que je remplissais la mangeoire, il croassait et dans les minutes qui suivaient, je me retrouvais avec plus d’une douzaines de nouveaux clients.

Pendant treize ans, cette corbeautière, car c’est comme cela que l’on nomme un groupe de corbeaux, nous a diverti et a fait partie de nos vies.

Et maintenant, ils ont disparu.

Il y a quelques jours, seulement deux jeunes corbeaux perplexes pointèrent le bout de leurs becs. Aujourd’hui, nous en avons vu qu’un seul. Je l’ai amadoué avec un bout de pain pour le faire descendre. Une fois repu, il retourna au sommet de son poteau téléphonique et croassa pour appeler le reste de la troupe.

Mais aucun ne vint.

Comme nous soupçonnons cette partie occidentale de l’état de Washington d'être touchée par le Virus du Nil Occidental, nous avons reçus des avertissements nous disant de regarder si on ne voyait pas de cadavres de corbeaux. Ce virus est mortel pour beaucoup d’oiseaux, en particulier les corbeaux. J’espère, en dépit de tout, qu’ils sont tout simplement allés chez quelqu’un qui leur propose de meilleurs casse-croûtes que moi et que la famille reviendra. Mais quelque chose n’allait pas avec ce petit jeune solitaire d’aujourd’hui. Les corbeaux préfèrent la vie en communauté.

D’autres oiseaux ont déjà commencé à revendiquer le territoire. Un colibri volait autour des framboises aujourd’hui. Deux oiseaux qui ressemblaient à des Tourterelles du Cap, mais en plus gros, sont venus se poser sur la clôture. Les petits nichoirs sont remplis de petits oiseaux.

Et mes corbeaux me manquent

Readergirlz et votre vie dans un livre

Jeudi, j’ai passé la soirée à la Wheelock Library ici, à Tacoma. J’ai assisté à une représentation des Divas de Readergirlz. Je pensais faire un long article sur qui est et ce qu’est (sont ?) Readergirlz, mais en fait le plus simple est de vous renvoyer à leur MySpace.

(http://www.myspace.com/readergirlz)

Elles s’intéressent à quelque chose qui me touche et qui m’est cher, à savoir les jeunes qui lisent, écrivent et parlent de ce qu’ils ont lu. C'est tellement facile de rencontrer des gens grâce aux livres. Je sais que, adolescente, j’avais l’impression que les livres m’aidaient à vivre toutes les « autres » vies que je n’aurais pas eu l’occasion de vivre sinon. Dans les livres, je pouvais posséder un cheval de course, m’engager dans une quête ou faire quelque chose de noble et de désintéressé qui changerait ce monde plus que n'aurait pu le faire une adolescente vivant dans une région plutôt rurale de Fairbanks en Alaska.

Je pense que c’est la bénédiction que nous offrent les livres.

Je sais que maintenant beaucoup d’adolescents et d’adultes cherchent cette « autre vie » en s'impliquant dans des jeux ou autres activités en ligne tels que Second Life, Gaia ou World of Warcraft. Il n’y a pas de mal à ça, si l’on sait rester raisonnable. Mais la différence entre de telles vies en ligne et un livre est que, quand vous entrez dans un monde virtuel, vous emportez avec vous une grande partie de vous-mêmes. Les choix restent les vôtres, et bien que vous puissiez être un guerrier ou un troll, vos réactions sont basées sur celles de la personne assise derrière le clavier. En conséquence je ne pense pas que l’expérience soit la même que quand vous vous plongez dans un livre.

Une fois que je vous ai fait entrer les premières pages d’un livre, je vous fais savoir (à travers le point de vue du personnage) qui vous êtes et comment vous pensez. Vous ne pouvez faire qu’avec la vision du monde de mon héroïne et ses prises de décision. Même quand, dans votre tête, vous criez : « Non, non ! N’ouvre pas cette porte ! », vous savez que l’héroïne risque de le faire, et que vous, lecteur, devrez continuer l’aventure et subir les conséquences de ses actes avec elle.

Et votre réaction à cela, que ce soit « Mon Dieu, quel courage ! » ou bien « Comment peut-elle être aussi stupide ! », vous en dira long sur vous-même. En avançant avec mon héroïne, vous en arrivez à connaître entièrement son monde ainsi qu'à partager les décisions qu’elle prend dans la vie.

Parfois, quand je suis plongée dans un livre et qu’un personnage fait des choses que je ne veux pas qu’il fasse, je pense à cela. Il m'arrive de haïr ses décisions, mais l’auteur a si bien créé ce personnage et ce monde que je ne peux poser ce livre et m’en aller. C’est, je pense, le plus grand pouvoir d’une bonne plume. Quand George R.R. Martin m’a sous son emprise et dit : « Non, tu dois vraiment regarder ce qui se passe après » et que j’attends avec impatience autant que je déteste la pensée de tourner la prochaine page… eh bien je sais que je me suis lancée dans un très bon livre.

Bien à vous,

Quand écrirez-vous ce livre ?

A chaque rassemblement d’écrivains et de lecteurs, tôt ou tard, je croise quelqu’un qui me dit : « Je veux écrire. »

S’il s’agit d’une véritable ambition, il y a de grandes chances pour que la personne le fasse déjà. Un écrivain est tout simplement une personne qui écrit : journaux, lettres, histoires pour la famille, poèmes d’amour, essais, lettres pour un éditeur et pour la famille à noël. Ceux qui aiment aligner des mots écrivent toutes sortes de choses, et avec grand plaisir. Et c’est ça, et non le fait d’être publié, qui fait de quelqu’un un écrivain.

(Je fais un petit aparté ici. Il y a tout un monde entre une personne qui « veut écrire » et une personne qui « veut devenir écrivain. » C’est la même différence qu’entre une personne qui « veut devenir acteur » et une personne qui veut « Ãªtre une vedette de cinéma. » La première s’intéresse à l’art ; alors que bien souvent dans le second cas, la personne ne veut que jouir de la vie d’un écrivain ou d’une vedette de cinéma telle qu’elle se l'imagine, sans vraiment penser au temps que cet art demande. Fin de l’aparté.)

Cependant, beaucoup de gens qui viennent discuter avec moi ou avec d’autres écrivains demandent comment passer du stade de l’écriture occasionnelle (voire même de plusieurs pages par semaine) à celui de l’élaboration d’un roman ou d’une histoire prête à être publiée. La plainte qui revient le plus souvent est : « Je n’ai pas le temps d’écrire en ce moment. » Souvent suivi de : « J’écrirai mon roman dès que j’ai fini mes études. » Ou, « Après mon mariage. » « Ou quand mes gosses iront à l’école. » « Quand mes gosses finiront leurs études. » « Quand mes gosses auront leur propre appartement. » « Dès que je suis en retraite. »

Voici le secret que tous les écrivains à mi-temps, ou qui n’ont pas encore été publié, connaissent.

Vous n’aurez pas plus de temps libre aujourd’hui que demain.

JAMAIS. Croyez-moi quand je vous dis que c’est vrai. Au moment même où vous finissez une tâche qui vous a dévoré un bon bout de temps, deux autres pointent le bout de leur nez à la place. Vacances d’été ? Boulot d’été. Les enfants quittent le bercail ? Les petits enfants viennent vous rendre visite.

Si jamais vous voulez devenir écrivain, vous devez vous y mettre dès aujourd’hui. Ecrivez maintenant.

Et je sais que ce n’est pas facile, mais voici quelques astuces qui peuvent aider. Le coup du carnet dans votre sac ou votre poche est l’un de mes préférés. Les trajets en bus, les attentes chez le dentiste, quand on patiente tandis que les enfants finissent l’entraînement de foot, lorsqu'on déjeune à son bureau –toutes ces minutes s’additionnent. Et le soir, lorsqu’on réécrit tous ces mots, c’est déjà faire un peu de mise au point et d’embellissement. Tout d’un coup, ces quelques paragraphes deviennent une page, voire deux, qui s’ajoutent à un tas déjà grandissant.

Une autre astuce pour gagner du temps est de chercher où est-ce qu’on le perd. Est-ce que vous faites re-sonner votre réveil plusieurs fois chaque matin ? Est-ce que vous zappez une heure tous les soirs devant la télé ? Combien de temps restez-vous tous les jours à surfer sur internet ? Ce n’est pas la peine de vous priver de tout ça, mais plutôt de gratter quelques minutes de-ci, de-là. Quand vous vous asseyez devant votre ordinateur, passez un quart d’heure à écrire AVANT de vérifier vos e-mails ou de faire le tour de vos forums habituels. Il se peut même que vous vous preniez de passion pour ce que vous faites et vous revenez à la réalité une heure et cinq pages plus tard.

J’ai écrit ce post au cours d’une journée bien chargée. J’ai gardé un de mes petits enfants trop malade pour aller à la garderie (La Petite Sirène, dînette, montage d’une maison de poupée, lecture de Dinotopia), j’ai nettoyé la cuisine deux fois, j’ai préparé un repas, j’ai passé l’aspirateur à l’étage, j’ai rempli la mangeoire pour les oiseaux, j’ai arrangé le jardin –et entre temps, j’ai écris ce message par petits à-coups.

Mais vous savez, en y repensant, je ne peux m’empêcher de me dire qu’au lieu d’écrire sur ce blog, j’aurais pu avancer mon prochain livre de plusieurs pages.

Donc, dans mon prochain message occasionnel ici, peut-être écrirai-je sur les dangers spécifiques que représentent les blogs pour les écrivains !

Bien à vous,

Le site de John Howe


http://www.john-howe.com

Il semble qu’il y ait un bon nombre d’artistes et d’illustrateurs sur MySpace, aussi ai-je décidé de mettre ce lien vers le site de John Howe.

On connaît probablement davantage John Howe pour son travail sur Le seigneur des Anneaux sous toutes les formes où il a été adapté : livres, films, posters, etc. Je suis très fière du fait que ce soit une illustration de John Howe qui orne l’édition anglaise de mes livres.

Ce mois-ci, son site héberge un concours de dessins spécial Robin Hobb. A la fin du mois et avec beaucoup d’émoi, ce sera moi qui « évaluerai » les oeuvres. J’espère pouvoir poster beaucoup de liens vers de merveilleuses œuvres à ce moment-là.

Et en parlant d’illustrations de couvertures, j’ai toujours eu de la chance de ce côté-là. Sur mon propre site www.robinhobb.com vous trouverez une page avec des liens vers la plupart des artistes qui ont dessinés des couvertures pour mes livres. J’aimerais avoir des liens vers chaque édition, y compris non-anglophones.

Pour ceux d’entre vous qui n’aiment pas l’exploration, voici les instructions. Une fois que vous êtes sur ma page, descendez à la cave, mettez votre curseur sur la peinture à l’huile représentant un faucon gerfaut par Matthew Dick et voyez où ça vous mène.

Bien à vous,

Robin Hobb