Vieilles habitudes
Par Lula, vendredi 8 mai 2009 à 21:32 :: livejournal Megan Lindholm :: #63 :: rss
27 Juillet 2008 – localisation : le bureau du sous-sol à Tacoma – humeur : penseuse
Cette économie vous semble-elle familière ? En tout cas, à moi oui !
Et je me retrouve à revenir à de vieilles habitudes et manières de penser. La conservation. Soudain je prends l’habitude d’éteindre les lumières. Pas de robinet qui goutte. J’organise mes courses de manière à économiser de l’essence. Je marche plus. Je fais plus de vélo. Je cuisine plus souvent. Je bois l’eau du robinet glacée au lieu de l’eau en bouteille. J’ai même planté plus de fruits et légumes dans mon potager cette année. Des tomates, des concombres, des haricots. Chaque année je fais de la confiture avec les baies et les fruits que je fais pousser, mais cette année j’ai reçu plus de demandes de la part de ma famille et de mes amis. Aujourd’hui j’ai acheté deux caisses en plus de pots à confiture. Jusque là , j’ai fait de la confiture de cerises et baies mélangées. J’ai mis les myrtilles au congélateur et demain je ferai de la confiture de myrtilles. Je suis revenue à l’éthique de ma mère qui consiste à mettre un peu de l’abondance d’aujourd’hui de côté pour les lendemains.
Et, ce faisant, je suis surtout un peu déconcertée de m’en être autant éloignée.
Mes parents viennent de l’époque de la Grande Dépression et des pénuries en Angleterre pendant la seconde Guerre Mondiale. J’ai grandi dans une maison où les choses étaient réparées et conservées, et non pas jetées pour le ‘nouveau modèle amélioré’. Les vêtements étaient raccommodés et transmis aux frères et sœurs plus jeunes, ou aux cousins. Les voitures étaient réparées, souvent sur la route devant la maison. Si une radio cessait de fonctionner, on en ouvrait l’arrière pour voir si un fil ne s’était pas desserré, ou si un des joints de soudure n’avait pas lâché. Et nous n’étions pas les seuls. La plupart de nos voisins et amis faisaient de même. Les premières années de mon mariage, quand les finances étaient serrées, j’étais fière de la manière dont je me débrouillais. À partir d’un poulet entier je faisais du poulet rôti un soir, des sandwiches au poulet le lendemain, et de la soupe de poulet le jour d’après. Les restes de légumes servaient pour faire du bouillon. Les croûtons de pain devenaient du pudding, ou étaient intégrés dans le pain de viande. Les vieux jeans servaient à faire des raccords, des chiffons et des duvets. Nous fumions et mettions en conserve notre saumon et notre viande de chevreuil, produisions nos confitures et nos sirops, et faisions pousser une bonne partie de nos légumes.
Mais d’une certaine façon, au cours du temps, alors que les enfants grandissaient et que nos revenus augmentaient, je suis devenue bien plus négligente. J’ai gaspillé de la nourriture d’une manière qui aurait fait se dresser les cheveux de ma mère sur sa tête. J’ai conduit les enfants à des endroits où ils auraient dû se rendre à pied ou à vélo. Je me suis débarrassée de vêtements que ma mère aurait raccommodés ou réutilisés. Je l’ai fait parce que je pouvais le faire. Je pouvais me permettre de gaspiller. J’ai vu tellement d’autres personnes faire de même que ça a commencé à me paraître normal. Ça ne me semble pas très admirable, maintenant que je m’arrête pour y penser.
Étrange de le dire, ça fait du bien de se remettre à l’économie. Comme si c’est là que j’aurais dû rester. Peut-être que c’est le gêne de petite vieille qui devient actif !
Peut-être qu’avant que tout soit fini, nous serons contents d’être revenus à certaines de nos anciennes habitudes. J’avoue ne pas être à l’aise quand je me demande quels vont être les prix de l’huile de chauffage cet hiver. Ils ne vont pas être moins chers, ça c’est sûr. Il est temps de repenser aux rideaux isolants, de vérifier le filtre de la chaudière, de nettoyer les canalisations et de re-isoler les ouvertures de la maison. Temps de racheter des sweaters à porter dans la maison, et une couverture pour le canapé pour regarder la télévision confortablement. Se pelotonner contre votre mari ou vos enfants n’est pas franchement une sinécure !
D’après ce que j’ai lu dans les journaux, les champs ont vraiment pris un coup cette année à cause du temps. Et auparavant, beaucoup de maïs a été dérivé de la chaîne d’alimentation pour en faire de l’éthanol. Ce qui m’amène à une autre question dérangeante. Quand le prix du grain augmente comme c’est le cas, le prix du pain, des céréales et des pâtes augmente. Il s’agissait des aliments bon marché, les aliments que les mères de familles pouvaient utiliser pour enrichir un repas. Regardez les recettes de l’époque de la Dépression, et vous en trouverez de nombreuses à base de céréales. Alors je me demande quels vont être les aliments bon marché de cette décennie. Les pommes de terre ? Les courges ? Les navets ? :) Ce soir à l’épicerie, une boîte de macaronis au fromage, les préférés des enfants, était vendue 1$. Même chose pour un paquet de riz tout fait. Le prix du pain a augmenté. Le prix des céréales continuant à augmenter, ce sera également le cas du bœuf et du poulet, parce que les vaches et les poulets mangent du grain.
Alors, je suppose qu’il est temps de se remettre à réfléchir. De prévoir. De partager avec ses voisins.
Une économie qui se durcit pourrait être une bonne chose pour moi, en fait.
http://meganlindholm.livejournal.com/?skip=20#entry_1066
Cette économie vous semble-elle familière ? En tout cas, à moi oui !
Et je me retrouve à revenir à de vieilles habitudes et manières de penser. La conservation. Soudain je prends l’habitude d’éteindre les lumières. Pas de robinet qui goutte. J’organise mes courses de manière à économiser de l’essence. Je marche plus. Je fais plus de vélo. Je cuisine plus souvent. Je bois l’eau du robinet glacée au lieu de l’eau en bouteille. J’ai même planté plus de fruits et légumes dans mon potager cette année. Des tomates, des concombres, des haricots. Chaque année je fais de la confiture avec les baies et les fruits que je fais pousser, mais cette année j’ai reçu plus de demandes de la part de ma famille et de mes amis. Aujourd’hui j’ai acheté deux caisses en plus de pots à confiture. Jusque là , j’ai fait de la confiture de cerises et baies mélangées. J’ai mis les myrtilles au congélateur et demain je ferai de la confiture de myrtilles. Je suis revenue à l’éthique de ma mère qui consiste à mettre un peu de l’abondance d’aujourd’hui de côté pour les lendemains.
Et, ce faisant, je suis surtout un peu déconcertée de m’en être autant éloignée.
Mes parents viennent de l’époque de la Grande Dépression et des pénuries en Angleterre pendant la seconde Guerre Mondiale. J’ai grandi dans une maison où les choses étaient réparées et conservées, et non pas jetées pour le ‘nouveau modèle amélioré’. Les vêtements étaient raccommodés et transmis aux frères et sœurs plus jeunes, ou aux cousins. Les voitures étaient réparées, souvent sur la route devant la maison. Si une radio cessait de fonctionner, on en ouvrait l’arrière pour voir si un fil ne s’était pas desserré, ou si un des joints de soudure n’avait pas lâché. Et nous n’étions pas les seuls. La plupart de nos voisins et amis faisaient de même. Les premières années de mon mariage, quand les finances étaient serrées, j’étais fière de la manière dont je me débrouillais. À partir d’un poulet entier je faisais du poulet rôti un soir, des sandwiches au poulet le lendemain, et de la soupe de poulet le jour d’après. Les restes de légumes servaient pour faire du bouillon. Les croûtons de pain devenaient du pudding, ou étaient intégrés dans le pain de viande. Les vieux jeans servaient à faire des raccords, des chiffons et des duvets. Nous fumions et mettions en conserve notre saumon et notre viande de chevreuil, produisions nos confitures et nos sirops, et faisions pousser une bonne partie de nos légumes.
Mais d’une certaine façon, au cours du temps, alors que les enfants grandissaient et que nos revenus augmentaient, je suis devenue bien plus négligente. J’ai gaspillé de la nourriture d’une manière qui aurait fait se dresser les cheveux de ma mère sur sa tête. J’ai conduit les enfants à des endroits où ils auraient dû se rendre à pied ou à vélo. Je me suis débarrassée de vêtements que ma mère aurait raccommodés ou réutilisés. Je l’ai fait parce que je pouvais le faire. Je pouvais me permettre de gaspiller. J’ai vu tellement d’autres personnes faire de même que ça a commencé à me paraître normal. Ça ne me semble pas très admirable, maintenant que je m’arrête pour y penser.
Étrange de le dire, ça fait du bien de se remettre à l’économie. Comme si c’est là que j’aurais dû rester. Peut-être que c’est le gêne de petite vieille qui devient actif !
Peut-être qu’avant que tout soit fini, nous serons contents d’être revenus à certaines de nos anciennes habitudes. J’avoue ne pas être à l’aise quand je me demande quels vont être les prix de l’huile de chauffage cet hiver. Ils ne vont pas être moins chers, ça c’est sûr. Il est temps de repenser aux rideaux isolants, de vérifier le filtre de la chaudière, de nettoyer les canalisations et de re-isoler les ouvertures de la maison. Temps de racheter des sweaters à porter dans la maison, et une couverture pour le canapé pour regarder la télévision confortablement. Se pelotonner contre votre mari ou vos enfants n’est pas franchement une sinécure !
D’après ce que j’ai lu dans les journaux, les champs ont vraiment pris un coup cette année à cause du temps. Et auparavant, beaucoup de maïs a été dérivé de la chaîne d’alimentation pour en faire de l’éthanol. Ce qui m’amène à une autre question dérangeante. Quand le prix du grain augmente comme c’est le cas, le prix du pain, des céréales et des pâtes augmente. Il s’agissait des aliments bon marché, les aliments que les mères de familles pouvaient utiliser pour enrichir un repas. Regardez les recettes de l’époque de la Dépression, et vous en trouverez de nombreuses à base de céréales. Alors je me demande quels vont être les aliments bon marché de cette décennie. Les pommes de terre ? Les courges ? Les navets ? :) Ce soir à l’épicerie, une boîte de macaronis au fromage, les préférés des enfants, était vendue 1$. Même chose pour un paquet de riz tout fait. Le prix du pain a augmenté. Le prix des céréales continuant à augmenter, ce sera également le cas du bœuf et du poulet, parce que les vaches et les poulets mangent du grain.
Alors, je suppose qu’il est temps de se remettre à réfléchir. De prévoir. De partager avec ses voisins.
Une économie qui se durcit pourrait être une bonne chose pour moi, en fait.
http://meganlindholm.livejournal.com/?skip=20#entry_1066


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