La marche de la Humane Society(1)

Appel à sponsors pour une marche organisée par une Humane Society pour collecter des fonds.

La Humane Society de Seattle

« Tu peux trouver ci-dessus le lien vers la page contenant toutes les informations concernant la sponsorisation de notre marche pour les animaux de compagnie. Nous essayons de récolter quelques fonds pour la Humane Society en traversant Cura avec cette marche pour les animaux domestiques. Tu peux te rendre sur ma page en sélectionnant « Sea Coast » sous « Teams » et en cliquant sur mon nom. Merci d’avance pour la donation que tu fais au profit de cette grande cause. Giles et les enfants. »

Mon fils, ses deux petites filles et mon « petit-chien » (oui, un tel mot existe) participent à une marche pour la Humane Society organisée par son travail. Je lui ai promis que je le sponsoriserais et que je ferais passer le mot.

Et maintenant voici la triste histoire du jour à propos duquel j’ai évité de poster jusqu’à présent. Et je ne répondrai probablement pas aux commentaires. Ca a été une rude journée.

Il y a à peu près quatorze ans, quand Giles n’était encore qu’un gamin à vélo, il est revenu à la maison avec deux chatons. Je ne vois toujours pas comment il a pu rentrer à vélo en tenant les deux chatons. Mais il est entré dans la maison et a dit : « Je n’arrive pas à le croire ! Quelqu’un a abandonné sur le bord de la route deux chats parfaitement bien rayés ! » A l’époque nous vivions dans une région plutôt rurale, deux petits chatons tout juste sevrés ne pouvaient pas s’être glissé en dehors de la maison de quelqu’un d’autre. Ils avaient été abandonnés.

Alors, avant même que je puisse arguer que nous avions déjà deux chats, il les a tendus à sa sÅ“ur qui n’était encore qu’un bébé. Et elle les a immédiatement appelés « Mes Baby Stripies » (2). Dans le livre qui lui est consacré il est fait mention de ses rayurés dans la dédicace.

Les deux petits chatons furent adoptés par notre matou siamois qui n’avait lui-même qu’un an. Il avait un panier, un panier assez petit, dans lequel il adorait dormir et il laissait les chatons l’y rejoindre. Sam était et est toujours un chat plutôt petit, mais ces deux chatons ont tout de suite commencé à grossir. Une fois, j’ai regardé dedans et tout ce que j’ai pu voir c’étaient les deux petits yeux bleus de Sam dépassant d’une mer de fourrure rayée. Ses chatons étaient devenus immenses et remplissaient intégralement le panier. Je le voyais étirer son cou autant qu’il le pouvait et puis, avec un miaulement, il parvenait à jaillir du volcan rayuré. Ce fut la fin de ce panier unique.

Au fil des ans ils devinrent d’énormes chats tout en conservant leurs attitudes de chatons. Alexander était effrayant et c’était le chasseur. Des deux, Crusades était celui qui voulait être cajolé et nourri, réclamant toujours des câlins. Aucun ne miaulait, mais tous deux avaient des ronronnements proches du bruit que produit une bétonnière en marche. Pour une petite fille, c’étaient des chats géniaux. Ils se moquaient d’être promenés dans une poussette de poupée ou bien bordés chaque soir dans des lits superposés de poupée. Ils savaient qu’ils y gagnaient à se laisser faire.

Il y a quelques années Alexander a disparu suite à une insuffisance rénale subite. Aujourd’hui, sans plus de cérémonie, Crusades a tout simplement abandonné. Pour la première fois il ne s’est pas montré au déjeuner des chats. Il est juste resté à côté de son écuelle d’eau. Il boitait, avait les yeux voilés. Nous nous sommes précipités chez le vétérinaire, mais pour faire court, il a dû être euthanasié. Quand le vétérinaire lui a fait l’injection, il a fermé les yeux, ronronné très fort une dernière fois et le ronronnement s’est progressivement éteint. Je l’ai enterré à côté de son frère, deux chats parfaitement rayés.

J’ai fait un don à la marche de Giles en mémoire d’Alexander et de Crusades.

C’était vraiment un bon chat.

(N.d.T. 01 : a Humane Society est un groupe d’individus combattant la souffrance humaine et animale due à la cruauté ou à toute autre raison)
(N.d.T. 02 : grosso modo « Mes Bébés Rayurés »)

Perdu : Une Corbeautière

Cela fait maintenant près de treize ans que je vis à Tacoma. En arrivant ici pour la première fois, je pensais qu’en mettant des mangeoires et des petits nichoirs dans l’arrière-cour, j’attirerais des oiseaux chanteurs.

Malheureusement, un groupe de corbeaux avait déjà revendiqué l’arrière cour. Tous les jours, ils venaient dans la vasque, persécutaient mon chien pour lui subtiliser sa nourriture, dérobaient les fruits à même les arbres, déterraient les pois et les mangeaient en moins de temps qu’il n’en fallait pour les planter et devinrent rapidement des membres indispensables de la famille. J’adorais les voir s’embrasser et se faire la cour sur le toit du garage. Ils faisaient tremper dans la vasque des croquettes pour chien provenant de chez le voisin pour les ramollir et les engloutir par la suite. Quand mon fils recueillit un jeune corbeau qui s’était blessé et le relâcha ensuite, ils décidèrent que nous n’étions pas si mal que ça. Ils prirent l’habitude de se poser sur la clôture à côté de la fenêtre de la cuisine, croassant pour nous rappeler que non, les enfants n’ont pas vraiment besoin de manger les croûtes de leurs toasts. Ces derniers morceaux étaient réservés aux corbeaux.

Même quand la corbeautière était ailleurs, il en restait toujours un pour surveiller l’arrière-cour. Dès que je remplissais la mangeoire, il croassait et dans les minutes qui suivaient, je me retrouvais avec plus d’une douzaines de nouveaux clients.

Pendant treize ans, cette corbeautière, car c’est comme cela que l’on nomme un groupe de corbeaux, nous a diverti et a fait partie de nos vies.

Et maintenant, ils ont disparu.

Il y a quelques jours, seulement deux jeunes corbeaux perplexes pointèrent le bout de leurs becs. Aujourd’hui, nous en avons vu qu’un seul. Je l’ai amadoué avec un bout de pain pour le faire descendre. Une fois repu, il retourna au sommet de son poteau téléphonique et croassa pour appeler le reste de la troupe.

Mais aucun ne vint.

Comme nous soupçonnons cette partie occidentale de l’état de Washington d'être touchée par le Virus du Nil Occidental, nous avons reçus des avertissements nous disant de regarder si on ne voyait pas de cadavres de corbeaux. Ce virus est mortel pour beaucoup d’oiseaux, en particulier les corbeaux. J’espère, en dépit de tout, qu’ils sont tout simplement allés chez quelqu’un qui leur propose de meilleurs casse-croûtes que moi et que la famille reviendra. Mais quelque chose n’allait pas avec ce petit jeune solitaire d’aujourd’hui. Les corbeaux préfèrent la vie en communauté.

D’autres oiseaux ont déjà commencé à revendiquer le territoire. Un colibri volait autour des framboises aujourd’hui. Deux oiseaux qui ressemblaient à des Tourterelles du Cap, mais en plus gros, sont venus se poser sur la clôture. Les petits nichoirs sont remplis de petits oiseaux.

Et mes corbeaux me manquent